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Aux origines du thé

de la feuille sauvage à l’art de vivre

On dit qu’un jour de vent léger, une feuille tomba dans l’eau chaude de l’empereur Shennong. le parfum monta, la première gorgée fut prise, et l’histoire du thé commença. légende ou non, une chose est sûre : bien avant de devenir boisson universelle, le thé fut un plante médicinale, une offrande, un rite.

Camellia sinensis : une plante, deux berceaux

Le thé naît d’un seul genre botanique, camellia sinensis, avec deux grandes familles :

  • var. sinensis : feuilles petites, originaire du sud de la chine (yunnan, sichuan) ; base des grands thés de chine, corée, japon.
  • var. assamica : feuilles larges, indigène du nord-est de l’inde et du sud du yunnan ; matrice des thés d’assam, de sri lanka et d’afrique de l’est.

Ces deux lignées sauvages furent domestiquées par des cueilleurs montagnards, puis par des moines et des fermiers. l’altitude, la brume, les sols acides : voilà les premiers ateliers du thé.

Chine : de la médecine aux arts du goût

Dès les dynasties Han et Tang, le thé passe du remède à la boisson raffinée. on le cuit, on le broie, on le compressed en briques pour l’impôt et la route. au VIIIᵉ siècle, Lu Yu rédige le Classique du thé (Cha Jing) : naissance d’un art de préparer, de goûter, de nommer.
Au fil des siècles, les terroirs s’affirment : Long Jing, Bi Luo Chun, Da Hong Pao, Huang Shan Mao Feng… la saison (Ming Qian, avant Qingming) et la finesse de cueillette (bourgeon seul, bourgeon + 1 feuille) hiérarchisent les récoltes. le thé devient tribut impérial, symbole d’excellence.

Routes du thé : moines, chevaux et marchands

Le thé voyage avec les moines bouddhistes vers la corée, puis le japon. il suit aussi la route du thé et des chevaux, des monts du yunnan jusqu’au tibet, où les briques de thé s’échangent contre des chevaux. dans chaque pays, il change de forme : au japon, l’ombre et la mouture donnent tencha puis matcha, qui inspireront la cérémonie du thé (chanoyu).

Japon : ombre, umami et cérémonial

Au japon, l’obsession de l’ombre et de la précision façonne gyokuro et matcha. l’année s’organise autour des récoltes : ichibancha (première cueillette, la plus fine), nibancha, puis sanbancha. ici, le thé n’est pas qu’une boisson : c’est étiquette, geste, saison. le mot-clé est umami, cette douceur profonde qui tapisse le palais.

De la tasse aux comptoirs : l’europe découvre le thé

Au XVIIᵉ siècle, les compagnies des indes amènent le thé en europe. fascinés mais déroutés par les noms chinois, les négociants inventent un code simple pour le commerce : Pekoe, Orange Pekoe, Flowery OP, etc. ce grading décrit la forme des feuilles et la présence de bourgeons, pas les arômes. la tasse devient marchandise, les enchères de calcutta, colombo et, plus tard, mombasa règlent les prix.

Inde, sri lanka, kenya : plantations et essor mondial

Au XIXᵉ siècle, l’empire britannique développe de vastes plantations en assam et à ceylan (sri lanka). la variété assamica prospère, les méthodes se mécanisent avec le CTC (crush, tear, curl), qui produit des granules réguliers pour une infusion rapide. le thé s’installe dans les foyers avec les sachets, pendant que les jardins de darjeeling bâtissent leur réputation sur les first flush floraux.

Un monde, mille façons : blanc, vert, oolong, noir, pu-erh

Le thé n’est ni noir ni vert par nature : c’est la transformation qui décide.

  • thé blanc : séchage délicat, bourgeons argentés (bai hao yin zhen).
  • thé vert : inactivation de l’oxydation (vapeur ou wok), fraîcheur végétale.
  • oolong : oxydation partielle, parfois torréfaction — fleurs, fruits, miel.
  • thé noir (rouge en chine) : oxydation complète, malt, épices, fruits cuits.
  • pu-erh : fermentation lente (sheng) ou accélérée (shou), arômes de sous-bois, de fruits secs, de camphre.

Chaque méthode raconte une culture, un climat, un rythme de séchage et de feu.

Terroir et saison : la vraie carte d’identité

Au-delà des sigles, l’identité d’un thé tient à trois axes :

  1. le terroir : altitude, brumes, expositions, sols.
  2. la cueillette : bourgeon + 1 feuille pour la grande finesse, feuilles mûres pour la force.
  3. la saison : printemps pour la grâce, été pour la puissance, automne pour la rondeur.
    C’est la rencontre de ces facteurs — plus le savoir-faire — qui détermine le goût, la texture et la longueur aromatique.

Poésie discrète d’une tasse

Ouvrir une boîte de thé, c’est soulever un paysage : bois mouillés, fleurs blanches, fruits jaunes, noisette grillée… la première vapeur est une promesse, la seconde une mémoire. quelques grammes suffisent pour faire tenir un jardin dans une tasse.

Repères pratiques pour bien choisir

  • mots-clés utiles : origines du thé, histoire du thé, camellia sinensis, thé du yunnan, matcha japonais, first flush darjeeling, thé oolong taïwanais, pu-erh sheng/shou.
  • fiches produit : indique origine précise (pays, région, jardin), altitude, type de cueillette, récolte (mois/année), méthode de fixation (vapeur/wok), et profil sensoriel (nez, bouche, texture, finale).
  • conseils d’infusion : grammage, température, temps, nombre d’infusions (gongfu / occidental).
  • promesse client : fraîcheur de récolte, traçabilité, stockage soigné (lumière, air, chaleur).

En conclusion

Les origines du thé tissent une histoire de montagnes et de mers, de moines et de marchands, d’empire et d’artisans. comprendre d’où vient une feuille, comment elle a été cueillie et travaillée, c’est déjà commencer à la goûter. car le thé, avant d’être une boisson, est une rencontre : entre une plante, un lieu et un geste.